Marjolaine, manger bio et bon

Voici 40 ans naissait un curieux salon consacré à l’agriculture biologique et aux produits naturels. La bio ? Peu de gens savaient alors ce que c’était. Il a fallu toutes ces années pour qu’enfin le public comme les acteurs de la santé et de la société prennent conscience de l’enjeu.

 

La bio, ce n’est pas qu’un « sans »

Encore aujourd’hui, on croit que cultiver bio, c’est cultiver « sans ». Sans pesticides, sans engrais de synthèse, sans désherbants… C’est vrai, mais insuffisant pour définir l’agriculture biologique. Car laisser pousser légumes et salades sans rien faire aboutirait à appauvrir la terre comme ce qu’elle produit. L’agriculture biologique est aussi scientifique, voire plus, que la culture intensive. Elle étudie et prend en compte l’équilibre minéral et organique des sols. Elle trouve des solutions face aux possibles agresseurs, parasites, champignon et autres bactéries. Dans le cas de la méthode Demeter, elle s’appuie même sur les révolutions lunaires et les données cosmiques. Quant à l’élevage, il doit respecter le bien-être de l’animal, ne pas utiliser de médicaments chimiques (l’homéopathie est autorisée et recommandée) et appliquer certaines normes d’abattage.

  Claude Aubert, présent sur le salon Marjolaine 2015, est l’un des pionniers et des fondateurs de la bio en France et, ensuite, en Europe. Jeune ingénieur agronome, sa remise en question le conforte dans sa conviction que la bonne voie est l’agriculture biologique. Secrétaire général de nature et Progrès, il participe à l’élaboration de la réglementation européenne. Il fonde ensuite Terre vivante. Il a publié plus de trente ouvrage

L’intérêt de l’agriculture biologique n’est pas seulement dans l’évitement de produits phytosanitaires qui nuisent à votre santé comme à l’environnement. Il faut également savoir que ses productions sont beaucoup plus riches en nutriments, vitamines, minéraux, enzymes, oligoéléments… Une étude américaine récente affirme que pour avoir la même quantité de vitamines que dans un kilo de pommes consommé en 1900, il faudrait aujourd’hui en consommer…Si l’agriculture biologique a été longtemps retardataire dans notre pays, elle est aujourd’hui en plein développement. Le département le plus bio de France ? La Drôme !

La bio, est-ce bien sûr ?

Il semble que la filière soit un peu défaillante quant à l’information du public sur ce thème. Trop souvent encore on entend ces réflexions : « Il doit y avoir de la triche » ou bien « Est-ce que c’est bien contrôlé ? » Eh bien oui, c’est contrôlé, sur les marchés, dans les boutiques, chez les grossistes. Depuis 1992, c’est au niveau européen qu’ont été établies les normes qui définissent la réglementation, avec quelques variantes françaises. Alors, il ne suffit pas de faire de la publicité du genre « si c’est bio c’est bon ! » pour rassurer le public. Lequel doit savoir reconnaître les labels qui garantissent la qualité biologique et la certification.

Le label français et son logo vert

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et le logo européen qui doit être accompagné de l’indication de la provenance et le code de l’organisme certificateur.

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Les producteurs et/ou les transformateurs doivent avoir été certifiés par un organisme indépendant qui examine à la fois les produits et tout le flux commercial, factures notamment. Cette certification est indispensable pour pouvoir afficher le logo.

 

Il existe aussi des labels comme Nature et Progrès, Demeter… qui ne sont pas des certifications officielles et ne donnent pas droit au logo AB. Cela dit, on peut cumuler, sachant que souvent ils sont plus exigeants que la certification AB officielle.

Pour être sûr de la qualité bio de vos produits, quelques règles. Acheter français, non seulement parce que les normes françaises qui servent de base à la certification sont plus strictes, mais aussi pour éviter l’impact carbone. Acheter des produits de saison, pour votre santé et celle de votre portemonnaie. Ce qui décourage aussi les malversations lointaines. Conseil : privilégiez le marché aux magasins, évitez les grandes surfaces.

 

Manger bio, ça suffit

Oui et non. Le plus est de bien équilibrer votre alimentation entre protéines, glucides et lipides. Utiliser de bonnes huiles, éviter les cuissons à haute température, source de substances nocives et cancérigènes, et varier le plus possible les aliments. Manger bio, ce doit être aussi encore plus de plaisir et de joie de vivre. Pensez aux herbes aromatiques, aux épices, mettez de la couleur dans vos assiettes. Un joli plat se digère plus facilement et donne plus de plaisir. Enfin, n’oubliez pas qu’un verre de bon vin, sans polluants, vous apporte des antioxydants précieux et un plaisir convivial et joyeux !

   

Sur le salon Marjolaine, vous trouverez tous les interlocuteurs susceptibles de vous guider dans vos choix et votre démarche. 

 

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