En vogue depuis des décennies aux États-Unis, où malheureusement ils sont trop souvent de synthèse, les compléments alimentaires séduisent de plus en plus aujourd’hui le consommateur français. Le pour et le contre.

S’il est un cas où la langue française colle parfaitement à ce qu’elle exprime, c’est bien le cas de ce nom composé, complément alimentaire. Il s’agit donc de quelque chose qui complète, ce qui implique qu’autre chose manque quelque part, à savoir dans l’ensemble de notre alimentation.

Alors, celle-ci serait-elle insuffisante, alors que l’obésité ne cesse de progresser, ce qui signifie sans doute que nous mangeons trop ? Il est incontestable que, dans les pays dits industrialisés, et tout particulièrement aux États-Unis, nos portions sont trop généreuses. Donc le problème n’est pas quantitatif, il est surtout qualitatif. Autrement dit, nos aliments se sont appauvris en nutriments.

Encore une parole d’un grincheux ? Pas du tout ! c’est ce que montre une étude appelée Still No Free Lunch de Brian Halwell, chercheur au Worldwatch Institute, étude qui résume elle-même une dizaine d’études d’universités canadiennes publiées entre 1997 et aujourd’hui. Ces études confirmant l’essor de la « calorie vide ». Riche en graisse, sucre et calories, mais vide de tout ce qui pourrait nous faire du bien.

Un exemple : quand nos parents, dans les années cinquante, croquaient une pomme, celle-ci leur apportait une certaine quantité de vitamine C. Et aujourd’hui ? Pour avoir la même quantité de cette vitamine, il faudrait croquer… 100 pommes !

1 pomme de 1950 = 100 pommes d’aujourd’hui.

Ce n’est pas tout… d’autres formules résument la situation d’autres aliments. 1 orange d’hier = 21 oranges d’aujourd’hui.

La viande contient aujourd’hui deux fois moins de fer ; le lait a perdu ses acides gras essentiels ; le brocoli quatre fois moins de calcium.

À qui la faute ? À la production agricole intensive, bien sûr. Les sols se sont dramatiquement appauvris, et malheureusement enrichis en substances de synthèses toxiques, pesticides, fongicides, herbicides, etc.

Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII et militant pour la préservation des semences anciennes, souligne : «  Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif. »

Le bio est évidemment la meilleure solution, ses produits sont plus riches en nutriments, c’est avéré, à condition de les acheter dans un circuit court pour qu’ils soient cueillis ou récoltés à maturité. Manger bio préserve notre santé, notre forme, notre qualité de vie.

Compléments, c’est quoi ?

Nos aliments ne contiennent plus assez de nutriments, que faire ? Certainement pas injecter des vitamines dans nos carottes et nos salades. L’idée de permettre à chacun de nous de combler ce vide s’est peu à peu concrétisée. Ainsi sont nés les compléments alimentaires, permettant d’absorber un peu plus de vitamines, de minéraux et d’antioxydants que ce que nous apportent nos repas. De nombreux chercheurs, dont le célèbre Pauling à propos de la vitamine C, ont montré la fréquence des carences et subcarences dans la population.

 

Une carence est un manque important d’un nutriment pouvant causer une maladie, tel le scorbut dû à une carence en vitamine C. La carence est d’autant plus grave que l’organisme ne sait pas synthétiser ce nutriment et doit donc le recevoir par l’aimantation. Une subcarence peut globalement passer inaperçue, mais causer divers troubles, comme ceux du sommeil quand on manque de magnésium, ce qui est le cas de presque tout le monde.

 

Aujourd’hui, le marché des compléments alimentaires s’est développé, mais, comme toujours, on y trouve le pire et le meilleur. Il y a les « simples », ceux qui n’apportent qu’un nutriment bien précis, et les « complexes », par exemple minéraux associés à des vitamines. Dans le premier cas, on trouve surtout des nutriments qui comblent un manque, mais aussi exercent une action précise sur le fonctionnement de l’organisme. Citons par exemple la coenzyme Q10, qui protège le système cardiovasculaire ; la levure de riz rouge qui régularise le taux de cholestérol ; le collagène qui participe au renouvellement du cartilage, etc. Les complexes peuvent apporter des antioxydants, des minéraux… qui viennent compenser l’insuffisance des aliments.

 

Très important. Outre la mauvaise qualité nutritive des aliments, les nutritionnistes sont unanimes à souligne une autre bonne raison de recourir aux compléments alimentaires. On sait en effet qu’après 50 ans l’organisme ne parvient plus à assimiler parfaitement les nutriments apportés par l’alimentation : diverses sécrétions baissent (sucs digestifs, enzymes, etc.), les organes (foie, intestin) sont moins performants, etc. Enfin, de plus, on a souvent moins d’appétit ou l’on veut éviter le surpoids (ménopause).

 

Compléments alimentaires, pour qui, pour quoi ?

Pour certains nutriments comme la vitamine C, le magnésium, la vitamine D, on pourrait dire « pour tout le monde » dans la mesure où leur subcarence est quasi générale, entraînant a minima une baisse de forme. Oui, mais c’est moins simple qu’il n’y paraît. Dans l’organisme, les interactions sont extrêmement nombreuses. Il faut la présence de vitamine C pour assimiler le fer. Le magnésium ne peut être utilisé sans calcium. Oméga 3 et oméga 6 sont antagonistes, un excès de l’un entraîne une forte diminution de l’autre. Etc.  C’est pourquoi, dans le cas des vitamines et minéraux par exemple, un complexe est préférable, il permet les bonnes interactions. Si vous prenez des oméga 3, essayez aussi de diminuer les oméga 6, notamment les graisses qui risquent d’être « trans » (dans les produits industriels, les fritures, les barbecues).

La prise de compléments alimentaires est intéressante de manière générale, mais aussi dans certaines situations particulières. Chez les séniors, nous venons de le voir. Après une maladie, pour aider à la convalescence. Aux changements de saison, notamment quand vient l’hiver. Dans le cadre de régimes amincissants basses calories. Et aussi en fonction de l’environnement, canicule, froid extrême, sport intense, etc.

 

L’hiver arrive. C’est vraiment le moment de penser à une complémentation. Les compléments les plus recommandés : vitamines A, C, E, groupe B. Vitamine D naturelle sous forme d’huile. Antioxydants. Chondroïtine/Glucosamine pour les articulations. Fer d’origine naturelle, mais avec prudence et après bilan sanguin. Probiotiques pour la flore intestinale.

Précautions d’usage

Première précaution, la qualité des produits. Les compléments alimentaires d’origine naturelle sont les seuls qui vont être bien assimilés par l’organisme. Ceux qui ont été synthétisés, créés au niveau de la molécule, ne seront pas reconnus par le corps et très mal utilisés. C’est le cas, par exemple, pour la vitamine C de synthèse, la vitamine D de synthèse, etc. Soyez donc attentif au moment de l’achat.

Ensuite, attention si vous suivez un traitement médical. Demandez conseil à votre pharmacien pour éviter certaines interactions fâcheuses.

De plus, se supplémenter ne veut pas dire se gaver. Trop c’est trop. Lisez bien la composition de vos compléments alimentaires. Par exemple, si vous prenez un complexe contenant de la vitamine A, veillez à ce que celle-ci ne soit pas présente dans un autre complément, car un surdosage en cette vitamine peut être dangereux. Si vous êtes un peu perdu, lisez quelques livres ou guides sur ce sujet écrits par des spécialistes ou consultez un nutritionniste (malheureusement, les médecins n’ont pas de formation dans ce domaine).

Enfin, attention à Internet !!! Les malfaçons sont innombrables. N’achetez que sur le site d’un laboratoire connu en France et de bonne réputation.

 

Quelques sites à consulter…

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ouf !), Anses : https://www.anses.fr/fr/content/que-sont-les-compléments-alimentaires

La Nutrition : http://www.lanutrition.fr/bien-comprendre/les-complements-alimentaires/

Syndicat national des compléments alimentaires, Synadiet : http://www.synadiet.org

Un article de Top Santé : http://www.topsante.com/minceur/nutrition-minceur/aliments-minceur/les-complements-alimentaires-sont-nos-allies-244951


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http://www.editions-tredaniel.com/nutritherapie-p-5349.html

http://www.editions-tredaniel.com/guide-des-complements-alimentaires-p-4146.html

http://www.editions-tredaniel.com/le-guide-des-vrais-complements-alimentaires-p-3672.html