Nous a-t-on jamais dit que notre cœur a autant besoin de propreté et de pureté que notre corps, sinon davantage ? Oui, on nous dit effectivement que le mauvais cholestérol peut encrasser nos artères et entraîner diverses pathologies cardiaques, dont certaines sont d’ailleurs mortelles. Mais qu’en est-il de notre cœur émotionnel, de ces « canaux subtils » par lesquels s’échange l’amour entre notre cœur et celui dese autres ? Nous a-t-on enseigné que des doses quotidiennes de sentiments négatifs – la colère, la haine, le ressentiment, les rumeurs, les jugements, etc. – finissent par laisser des dépôts toxiques sur les parois de notre système circulatoire émotionnel, empêchant notre cœur d’aimer à plein régime ? Il en résulte ensuite toutes sortes de déséquilibres et de maladies, y compris physiques.

En 1999, j’ai eu la chance de rencontrer un maître toltèque de l’amour : Don Miguel Ruiz. J’avais déjà traduit et publié en français ses best-sellers Les Quatre Accords Toltèques et La Maîtrise de l’Amour, à cette époque. Mais je ne me doutais pas, au moment de le rencontrer à Teotihuacan, qu’en l’espace de 24h, il me ferait don d’un rituel tout simple, en quatre étapes, destiné à laver le cœur de tout ce qui l’empêche d’aimer à pleine puissance.

Avec Don Miguel Ruiz, j’ai découvert que l’équivalent de la douche pour le corps physique est le pardon pour le cœur. Le pardon lave le cœur de tous les sentiments négatifs que nous avons accumulés durant des mois et des années, au point où seul un petit flot d’amour parvient encore à s’en écouler. Le pardon ouvre grand les portes de notre cœur, permettant à l’amour de nous traverser pleinement, sans entrave.

Mais – et c’est là un grand « mais » - Don Miguel ne m’a pas enseigné à pardonner, comme nombre d’entre nous s’y essaient en vain (le cœur « a ses raisons… » et n’obéit pas à notre volonté), s’efforçant désespérément de « pardonner à nos ennemis » ou de « tendre l’autre joue », sans y parvenir. Don Miguel m’a plutôt appris à demander pardon !

Au début, j’en ai été abasourdi. Pourquoi devrais-je demander pardon aux autres, si c’est moi qui ai souffert, moi qui ai été blessé ?

Il m’a fallu un moment pour comprendre la vérité qui sous-tend le renversement complet de la pratique du pardon que propose Miguel Ruiz. Voici la vérité spirituelle fondamentale que j’ai finalement découverte : quoi que nous ayons pu subir, quelle que soit l’intensité de nos souffrances, nous ne sommes pas obligés de fermer notre cœur, rien ne nous contraint à arrêter d’aimer et à laisser notre amour se tarir. Nous ne sommes pas des machines. Nous avons le libre arbitre. Nous pouvons faire le choix de continuer d’aimer, de rester ouverts à l’amour.

En demandant pardon, j’ai pris conscience que je jugeais les autres. J’ai réalisé que je les utilisais comme prétexte à garder mon cœur fermé, ne fût-ce qu’un peu. Par conséquent, en demandant pardon aux autres de les avoir jugés, je demandais en réalité pardon à l’amour. Oui, pardon à l’Amour, avec un grand « A ». Car j’avais rétréci ou fermé mon cœur, de sorte qu’il ne pouvait plus librement me traverser ni atteindre les autres. À cause d’une blessure, d’une atteinte à mon cœur, j’avais un jour commencé à aimer moins. Au fil des ans, après de nombreuses blessures petites et grandes, j’avais fini par me retrouver avec un cœur tout ratatiné, encrassé, désséché.

Alors, chaque fois que je demande pardon, en suivant les quatre étapes toujours plus exigeantes de ce rituel de pardon, qui aboutit au pardon de soi (la partie la plus difficile), je renonce à mon bon droit, à mon sentiment de supériorité par rapport à ceux à qui je ne parviens pas à pardonner, je me fais humble devant l’amour, et je laisse cet amour me doucher et me laver le cœur de tout ressentiment, de toute colère, de toute haine, de tout esprit de vengeance et autres sentiments négatifs.

La pratique du Don du Pardon, comme j’ai intitulé ce rituel simple et puissant que m’a offert Miguel Ruiz à Teotihuacan, est devenue depuis plus de dix ans le moyen de préserver mon hygiène émotionnelle, de garder un cœur propre, un cœur pur… autant que possible.

Vous est-il déjà arrivé de devoir rester plusieurs jours sans pouvoir vous laver (au cours d’un trek en montagne ou d’une randonnée en milieu sauvage, par exemple) ? Si oui, vous vous rappelez sans doute le bien-être que vous avez ressenti quand vous avez finalement pu prendre une douche et vous débarrasser de la crasse et des mauvaises odeurs accumulées en quelques jours. Quel bien ça fait de se sentir propre et frais ! Vous êtes sorti de la douche, et c’était un peu comme si une nouvelle vie commençait !

Eh bien, le Don du Pardon peut faire la même chose à votre cœur : il peut multiplier par dix votre capacité à aimer, à pleinement savourer la vie et à nouer et préserver les meilleures relations possible. Le pardon est la clé de la guérison du cœur.

Alors, faites-vous ce cadeau : prenez une douche de pardon et laissez à nouveau l’amour s’écouler librement à travers votre cœur tout neuf !

Olivier Clerc

Pour en savoir plus : http://www.dondupardon.fr